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filles mettant des fleurs dans leurs chapeaux
Renoir, filles mettant des fleurs dans leurs chapeaux (1890)
souvenir originelrésilience tardive

les faux prophètes

Quelle misère, leur look travaillé, leurs yeux malicieux, sortant des têtes de gondole tels de petits diablotins, polichinelles étalant leurs airs malins sur leurs dernières révélations, toujours prêts à nous tartiner leurs bouillies, une ou deux équations, un schéma simpliste et hop, en grand écart, science, politique, écologie, religion, d'un domaine à l'autre sans vergogne, une cuillère de socio, un zest de psycho, quelques mots savants, un ou deux créés pour l'occasion, et en avant, voici LE livre, lancement exceptionnel, prix attractif, plateaux télé à venir. Quand j'étais petit, j'imaginais les atomes comme de mini systèmes solaires, avec des civilisations vivant à leurs surfaces, et plein de zéros entre eux et nous. C'était créatif, divertissant, amusant, presque aussi spectaculaire que ces contorsionnistes du savoir écartelant chaque concept façon moyenâgeuse, ramollissant les théories les plus brillantes jusqu'à les rendre miscibles pour leurs hamburgers gros caractères, traquant Dieu et tous ses Saints (que dis-je : l'énergie cosmique) derrière un boson ou quelqu'autre expérience extatique. Leurs empilements de mots relèvent de la gesticulation, non de la pensée. Confondant le comment avec le pourquoi, ils débaroulent leurs vérités sans discernement, délaissant ce qui devrait être leur meilleur allié, le maître de toute science, la Mesure. Ce qui sépare Dieu des atomes n'est pas une hiérarchie, une généalogie ou je ne sais quel concept bizarre. La foi ne s'explique pas, ne se démontre pas, ne se prouve pas. Elle investit bien d'autres lieux que leur langage pseudo-scientifique. D'ailleurs, pour ma part, je considère que parler de Dieu est déjà en soi étrange, un peu à l'image de ceux qui cherchent les preuves historiques des évènements bibliques. La foi nous habite dans le plus grand des silences, dans l'intériorité de notre intériorité. Et par dessus tout, Messieurs, elle demande de la modestie.
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