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une sirène
Waterhouse, une sirène (1901)
la parole et l'hommemémoire sélective

inconnu

Il y a quelques jours, comme il n'y avait plus de place en seconde, je me suis retrouvé au milieu d'une brochette de cadres fringants-fragrants tournant et retournant les pages grand format de leurs quotidiens favoris, se mettant en perfusion les moindres faits de la planète, le tout dans un silence quasi-religieux. Ce remplissage méthodique m'a fait penser à la peur du noir, celle qui fait préférer la ville pour ses enseignes lumineuses, ses rues bien éclairées, ses bars qui ferment tard, ses passants noctambules, ce peu de vie qui vous aide à tenir jusqu'à l'aube. L'amalgame de connaissances de second ordre ne rend pas plus qu'un paysage urbain sans ombres, éclairé sous tous les angles par de multiples réverbères. Comment croire que notre savoir a réponse à tout, que notre raison est suffisante, sans foncer droit dans l'absurde ? Si les lumières de la ville sont des repères, c'est bien à l'extérieur qu'il faudrait vivre, loin des certitudes faciles, des informations accessoires. A défaut de courir dans les bois, au moins déambuler la nuit, se demandant ce qui se trouve sous le trottoir ou derrière le mauve du ciel. Aux yeux de certains, cette prise en compte de l'inconnu est ridicule. On peut aussi y voir un système de pensée, presque une religion, quelque chose d'incontournable, je dirais même de vital.   
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